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samedi 9 janvier 2010

Le théâtre du grand Guignol rouvre ses portes ...


L'intérêt d'être un peu moins présent sur le Net, c'est que l'on retrouve la vision de la politique qu'en ont la plupart de nos concitoyens. Pour faire court, on redécouvre le discours ambiant sans le décryptage qu'en font les blogueurs politiques et dans toute sa sordide et brute futilité...

C'est le billet de Nicolas qui, ce matin, m'a fait réfléchir à tout cela. Comme il y souligne la vacuité d'un message twitté de Pécresse, j'ai voulu prendre une vue d'ensemble de ce dont nous abreuvent nos politiques à la veille des régionales.

A l'UMP, sous l'impulsion d'un Sarkozy plus chef de parti que d'état, où en est-on ?

Toujours les mêmes rengaines qui fleurent bon : l'étranger est le thème porteur du moment avec un Besson en chef d'orchestre.

Le débat sur l'identité nationale n'est pas prêt de s'arrêter annonce l'Express. "Ce débat, c'est bien mal me connaître que de croire qu'on va l'arrêter. Au contraire, nous allons le poursuivre, l'enrichir, l'amplifier, afin que pour chaque Français le mot Nation et le mot République reprennent tout leur sens, quels que soient son origine, le quartier où l'on habite, le milieu social où l'on est né", a déclaré le président de la République. "Le débat sur notre identité, c'est un débat pour être au rendez-vous de l'histoire qui est en train de s'écrire".
En tant que Française, j'ai envie de répondre au président que ce n'est certes pas ce genre de page d'histoire que j'ai envie de laisser en mémoire.

Sur le même sujet, L'Express encore cite la petite guerre entre Besson et Marine LePen suite à l'annulation du débat prévu à Liévin. Polémique stérile, politicienne et ridicule au regard de ce que vivent les gens de la région. En l'absence de toute solution crédible pour améliorer la situation locale, rien de mieux pour nos sinistres guignols politiques que l'étranger pour faire rideau de fumée.

Heureusement, le ministre Besson a reçu les conseils avisés de Fillon, à n'en pas douter grand expert en stratégie personnelle quand on voit à quel point il a disparu lui-même derrière et avec son omniprésent président !

Copé ne lâche pas l'affaire sur le même sujet de l'étranger, en ciblant plus particulièrement le mahométan, dangereux déviant barbu qui ne se prive pas d'enfermer sa femme (forcément soumise) sous la burqa. A écouter la détermination du maire de Meaux qui s'exprime sur la nécessité d'une loi anti-burqa dans le Figaro, on pourrait imaginer que les rues sont désormais envahies de voiles et qu'il est désormais passé expert en enseignement coranique.


Autre sujet de prédilection qui sans doute bouleversera le Français, la démocratie participative selon l'UMP et le lancement , sans tambour ni trompette, du site des "Créateurs du possible" (rien que le titre fait peur quand on sait de quoi est capable la sarkozie).
A peine ouvert, l'initiative crée la polémique. Benoist Apparu se charge de porter le bonnet d'âne. Pour le spécialiste du Lycée, c'est un comble mais qui se soucie aujourd'hui de cet inutile et dérisoire pavé jeté dans le marasme dans lequel nous pataugeons ?


Et la gauche face à tout ça ?

Le Figaro
nous apprend que Huchon s'empare à son tour du thème de la sécurité « Si on considère que la sécurité est un domaine réservé à la droite, alors on sera toujours battus », juge celui qui place sa différence avec la droite « dans les moyens humains et financiers consacrés à la prévention ».

Lionel Jospin fait un come-back aussi inattendu qu'inopportun. Qui a encore envie - à part ses fans - de le voir revenir au-devant de la scène pour raconter des mémoires dont tout le monde se fout - à part ses fans bis ? Il profite d'une émission sur RTL pour féliciter l'action de Royal en "oubliant" de citer Aubry : merci l'artiste, le PS avait bien besoin de ce nouveau coup de savon sur sa planche pourrie !

Les relations confraternelles de Royal et Peillon font toujours jaser la Presse : Le Point publie un droit de réponse de Ségolène Royal à la suite d'un écho évoquant des menaces contre Vincent Peillon attribuées à des militants ségolénistes.

Cohn-Bendit tire sur l'ambulance socialiste et, entre ex alliés, la campagne des régionales vire déjà à l'aigre en Ile-de-France.



Bref, où parle-t-on des réelles questions auxquelles les Français souhaiteraient avoir réponse ? Quelles solutions concrètes nous propose-t-on ?

Le théâtre du grand Guignol rouvre ses portes jusqu'aux prochaines élections. C'est à désespérer.

jeudi 26 novembre 2009

Mais foutez donc le camp Julien !



Mais combien de temps vous faudra-t-il Julien pour quitter cette galère socialiste ?

Qu'est-ce qui vous retient au milieu de ceux qui, de toute évidence, ne sont plus vraiment "les vôtres".



Ceux qui vous savonnent la planche, vous mettent au placard.

Le porte-parole du PS, Benoît Hamon, a estimé hier à propos de la candidature à la candidature de Julien Dray aux régionales dans l'Essonne que la « question était de savoir si le fait qu'il soit candidat était une bonne chose pour le parti ». 2/11/2009 - Les Echos

Julien Dray ne sera pas candidat dans l'Essonne pour les élections régionales en Île-de-France. La décision a été prise lundi soir par le conseil fédéral du 91. Visiblement, les camarades du député n'ont pas voulu voir leur campagne perturbée par les éventuelles suites judiciaires de "l'affaire Dray". 24/11/2009 - L'Express

Ceux qui peut-être ne sont pas totalement étrangers à vos déboires judiciaires et qui, en tout état de cause, ne vous ont pas soutenu hier dans l'épreuve et dont l'attitude circonspecte faisait alors le lit de la suspicion publique.

Ce lundi soir je découvre que le porte-parole de l'UMP défendent Julien Dray tandis que le porte-parole du PS Benoît Hamon estime que ce qui arrive Julien Dray ne concerne pas son parti; "une affaire privée" comme il dit. Voilà un porte-parole qui range bien vite sa dague. [...] Dorénavant au Parti socialiste, on ne défend plus les "camarades" en délicatesse? On les laisse seuls se dépatouiller face à la meute judiciaro-médiatique? 23/12/2008 - Bruno Roger-Petit Le Post


Qu'attendez-vous encore de cette galère PS alors même que vous doutez de plus en plus de sa capacité à incarner encore l'espoir d'alternative pour des millions de Français ?

Malgré d’immenses déceptions, J. Dray ne souhaite pas pour l’instant quitter le parti. Mais il constate le vide idéologique, programmatique et l’inaltérable guerre des égos. Pour exister dans ce régime, “il faut être présidentiable” :

Il continue de pilonner le porte-parole du PS, B. Hamon. Symptomatique d’un parti à la dérive et dé-crédibilisé. Extraits article chez Piratages



Combien de coups allez-vous encore recevoir de votre "famille politique" avant de réagir par un salvateur et magistral bras d'honneur ?

Vous avez certes beaucoup donné, depuis tout jeune, à ce parti socialiste. Vous vous êtes impliqué de très près dans toutes les campagnes du PS. Vous avez consacré votre vie à vos engagements associatifs, syndicaux ou politiques.

Vous avez certes encore des "amis" qui s'émeuvent de la récente décision des instances de vous écarter des listes électorales.

Après Vincent Peillon, André Vallini et Jack Lang, plusieurs socialistes sont montés au créneau mercredi pour défendre leur ami. Manuel Valls, député-maire PS d'Evry, a déclaré sur Europe 1 qu'il croyait 'à la présomption d'innocence' et que 'Julien Dray aurait dû être le candidat tête de liste dans l'Essonne'. 25/11/2009 - Le Monde


Même à droite, certaines personnalités, Rama Yade en particulier, semblent choquées par cette décision qui remet en cause la présomption d'innocence.

Dans un dossier - rappelons-le - on ne peut plus "limite", dont la presse s'est faite écho d'une manière pour le moins partiale, sur les bases d'un rapport Tracfin dont le patron lui-même minimise enfin, mais très tardivement, la réelle portée :

« Par leur nature, [les recherches de Tracfin] ne sauraient suffire à elles seules à fonder une conviction mais ont vocation à être complétées par des investigations jugées utiles par l'autorité judiciaire saisie. » 24/10/2009 - Rue89


Vous vous dites homme libre (ou peut-être plus encore "libéré" par ces derniers douze mois qui vous ont permis de prendre le recul politique nécessaire).

Vos prises de position récentes - parfois incomprises du reste - le prouvent.

Qu'attendez-vous donc pour partir ?

La fidélité à un parti dont vous critiquez, à juste titre, et le fonctionnement et les représentants et le manque de projet, ne justifie rien. Bien au contraire, vous semblez, en restant, cautionner ces dérives.

La volonté de pousser à l'extrême limite -et de l'intérieur - ce parti (et surtout certains de ces caciques) dont nous ne comprenons plus très bien le sens des actions, ne vaut pas davantage : Cela s'apparenterait presque à un esprit de revanche dans lequel j'ai du mal à vous retrouver et qui paraît bien contre-productif pour votre image.

Il y a tant et tant de citoyens qui attendent du renouveau politique, de l'espoir, des orientations nouvelles et lucides, des fonctionnements enfin clarifiés, des hommes politiques libérés de la langue de bois.

Il y a tant et tant de militants ou de sympathisants PS qui ne croient plus eux-mêmes dans ce parti moribond et qui seraient prêts à s'engager sur de nouvelles voies.




Billet que questions réalisé à la
suite de plusieurs rencontres avec Julien Dray et de la lecture de son dernier livre "l'Epreuve".

Edit : A lire aussi, un des derniers articles de Arrêt sur images : Les mystères de l'Essonne



mercredi 25 novembre 2009

Débat sur l'identité nationale : La sarkozie prise au piège de son propre piège



A force de touiller et retouiller le même potage à chaque veille d'élections, la soupe rancit et le Français se détourne de la gamelle.

J'entends par là le "bon" Français hein?, pas n'importe lequel. Celui qui répond aux "normes" de l'Identité (avec un grand I) Nationale (avec un grand N).

Le grand chaudron qui devait enfumer l'électeur en le plongeant dans un prétendu débat indispensable, c'est celui dans lequel la sarkozie va bientôt finir par s'engloutir.


Marine Lepen (qui est une maligne et qui connait mieux qu'aucun UMP la potion pour être tombée dedans toute petite) a lancé une première charge et retourné l'argument de campagne contre son initiateur en l'accusant de "racisme envers les Français".

C'est trop injuste ! Voilà pourtant une idée qui était bonne et permettait, sous des airs de "je protège les faibles", de préparer le terrain de la différentiation et du clivage.

La presse étrangère, qui apprécie tant les frasques sarkoziennes, s'empare elle aussi du dossier de notre Identité Nationale.

Le Times ironise, Le
Guardian et La Vanguardia retiennent la manœuvre électoraliste, L'Observateur paalga de Ouagadougou se demande s'il ne vaudrait pas mieux "laisser dormir" ce débat pour lequel "il va être difficile de prouver qu'il n'y a pas de soupçon d'exclusion ".


Vaillant soldat, notre plus célèbre Iago engage aujourd'hui le débat avec les élus de la Nation (avec un grand N donc) au moment où les critiques sur l'opportunité de ce débat se multiplient.

Michel Rocard, Robert Badinter, Martine Aubry, François Bayrou, mais aussi en vrac, le FN, les syndicats, certains intellectuels comme le prix Goncourt Marie NDiaye, des associations de banlieue ... tous se liguent contre ce débat truqué, tronqué, dangereux, xénophobe, manipulatoire.


Dans ce climat on ne peut plus positif pour le gouvernement et son brouet, voilà qu'un sondage de TNS-Sofres pour La Croix révèle les Français sereins sur leur identité : Un véritable camouflet pour l'initiative sarkozienne.
L’institut TNS Sofres a demandé aux Français de préciser comment ils se définissaient à l’échelle d’un territoire (ville, région, pays…) selon deux procédures différentes. Quand plusieurs réponses sont possibles, 68 % des sondés disent qu’ils ont le sentiment d’être français. En revanche, quand ils n’ont droit qu’à une seule réponse, seulement 38 % se disent avant tout français.

Selon les résultats détaillés de l’enquête, toutes les générations et catégories de personnes interrogées placent le sentiment d’être français en tête de leurs réponses.

« Le chiffre de 68 % montre que, majoritairement, il n’y a pas d’incertitude sur une identité française bien assumée, analyse le philosophe et politologue Thierry Leterre. Le score plus faible de 38 % souligne, en revanche, que ce n’est pas un plébiscite et que cette identité se partage avec d’autres. »


Rahh ! Va-t-on enfin prouver par ce chiffre de 38% que certains Français ne le sont pas tant que cela et s'identifient davantage à leur pays d'origine ?

Que nenni !!
Plus d’un citoyen français sur cinq se définit avant tout comme habitant de sa ville.

Pour Thierry Leterre, "l’initiative du ministre Éric Besson de précipiter le débat et de le centrer sur la question de l’immigration a créé un contexte passionnel". Mais "c’est au contraire l’image d’une opinion publique « apaisée » qui apparaît à la lumière du sondage".


Cherchons quand même si la burqua ou le barbu pourraient faire le terreau d'un début d'intérêt ou de consensus chez nos concitoyens...

Point du tout !
Au sujet des fondements de l’identité française, les sondés ont établi un tiercé étonnant : ce sont les droits de l’homme, la langue française et le système de protection sociale qui en constituent les éléments les plus importants. La laïcité vient loin derrière.

La nationalité, la langue ou la religion comptent peu. Ce sont d’abord le milieu social et le lieu de résidence qui nous rapprochent.


Mais ce n'est pas le seul enseignement de ce sondage
qui prouverait, selon le politologue Thierry Leterre "que le débat ouvert par Éric Besson souligne la coupure profonde entre le peuple et ses élites".
D’un côté, une gauche incapable de retrouver le fil de ce discours social et émancipateur. De l’autre, une droite qui affiche une conception purement patrimoniale de l’identité nationale.


Une grosse claque
donc au débat faussement indispensable concocté par une droite en mal d'appâts vis-à-vis d'un électorat en fuite, mais une calotte aussi à la gauche si peu capable de redevenir "populaire".




mardi 6 octobre 2009

A la recherche du PS



Ce matin,, comme je n'avais rien de spécial à faire, je me suis mise à chercher la section PS de Meudon.

J'avais observé du temps de mon engagement orange - et de mon implication rapide au niveau local - que le PS avait à l'époque des sites de campagne et/ou de section.

Or voilà sur quoi je tombe après avoir lancé gogole :

Alors que la presse s'enthousiasme pour le succès de la consultation militante au PS et que je me désole de voir l'opposition si aphone, je me suis inquiétée de savoir si un citoyen perdu comme moi et un chouïa réchauffé par la rénovitude annoncée au parti socialiste pouvait aisément se trouver une section d'accueil chez les roses.

Las ! Tandis que les éléphants et éléphanteaux nourrissent assidûment leurs blogs respectifs, il semble que la communication Internet sur Meudon soit aussi navrante que le dernier site de Ségolène !


Meudon regroupe 43 000 habitants, c'est la 13ème ville des hauts-de-seine sur 36 communes

Aux dernières élections, les résultats de la gauche , et du PS en particulier, n'ont pas été particulièrement lamentables, même si - comme ailleurs - Europe écologie a fait un carton en juin dernier.
  • Élections présidentielles 2007 MEUDON 45,2% (1er tour : Royal 25,87%, Bayrou 18,57%, Sarkozy 31,18%)
  • Élections municipales 2008 la liste union de la gauche fait 32,32% (Modem 16,96%, UMP-NC 50,72%)
  • Élections européennes 2009 11,8% (Modem 9,8% - Europe écologie 22,8%, UMP 34,7%)

Meudon est une ville coupée en deux, avec un centre plutôt à droite et des quartiers périphériques plus populaires, notamment Meudon-la-Forêt que j'habite depuis une quinzaine d'année et que je connais bien.

En clair, une commune qui mériterait d'être un peu "travaillée" pour obtenir quelques résultats positifs.


Toutefois, si notre citoyen - légèrement remotivé et presque près à franchir le seuil d'une section PS pour enfin batailler contre la sarkozie - recherchait sur le net un point d'accueil sympathique et dynamique sur Meudon, il serait vite découragé et préférerait plutôt retourner à son blog solitaire ou bien à ses divers oignons !

Ah oui, décidément, la rénovitude du PS n'est pas franchement un luxe et l'opposition rose à bien de la marge avant d'être convaincante et efficace sur le terrain !!

lundi 5 octobre 2009

Today


Ce n'est pas un billet très gai.
C'est qu'il pleut et qu'il fait froid et que je déteste le toujours trop long hiver.

Je me roule en boule sous la couette, je n'ai plus envie d'écouter la radio, de lire les journaux, de répondre aux billets des copains.

Le pitre du gouvernement, l'agité du bocal, la Pompadour ne me font plus rire du tout.

La consultation militante au PS qui frise dangereusement à mon avis le foutage de gueule même si le résultat a le goût d'une victoire pour Aubry,

les questionnements du MoDem sur un éventuel rassemblement des centres et ses incessants débats sur le manque de démocratie interne,

le "oui" des Irlandais à l'Europe qui donne raison à ceux qui piétinent le choix populaire,

la votation pour la Poste qui laisse un goût d'inachevé malgré son succès et dont le résultat ne préjuge en rien des décisions d'une présidence qui ne cesse de renier ses promesses,...


... me donnent surtout envie de fermer les écoutilles et de ne plus rien faire d'autre que de proscratiner en rêvassant sur des #musicmonday.




mercredi 16 septembre 2009

Tous pourris



Ce n'est pas encore ce matin que je serai réconciliée avec la politique française.

L'énorme buzz sur le nouveau site très moche de désirs d'avenir ne serait rien s'il ne cachait pas une autre réalité bien plus triste : la terrible déception des militants qui ont sincèrement cru que Ségolène Royal était en mesure d'appliquer ce qu'elle préconisait. Une démocratie participative respectueuse de la parole et du travail de tous.

J’ai toujours reconnue à Ségolène Royal son intuition sur la démocratie participative.[...]

Cependant force est de constater que celle-ci est désormais la grande absente de la démarche de Ségolène Royal : un changement majeur à la tête de Désir d’Avenir sans consultation des adhérents, la volonté de faire de DA une ONG toujours sans consultation, les prises de distance de personnalités comme Jean-Pierre Mignard ou Jean-Louis Bianco et pour couronner le tout un site ni fait ni à faire sans la moindre consultation de spécialistes de la communication sur le web (alors qu DA possède la ressource en son sein…)
(Marc Vasseur)


Leur déception est à la hauteur de leur espoir. Non pas parce que le nouveau site de DA est totalement raté mais parce qu'il est la preuve tangible que le travail et les compétences des milliers de militants réunis autour de SR ont été balayés d'un revers de la main pour d'obscures raisons personnelles.

Voici en une capture d'écran un bilan, d'un truc qui a donné de l'espoir et fait croire en l'avenir à des milliers de militants. Nous avons été l'objet de quolibets de la part de pénibles, et désormais cela s'accentue. Il parait aussi qu'il faut que je m'achète une éthique. J'en ai gros sur la patate. [...]

Depuis 2006 je n'ai pas compté les journées, les soirées, les nuits perdues. En particulier jusqu'au 6 mai 2007. Et certains proches aussi, qu'ont ils entendu comme réponse ? je n'ose vous le dire, tellement c'est du grand n'importe quoi.
(Intox 2007)


Je retrouve dans leur amertume le même goût acide que nous avions dans la bouche au MoDem lorsque nous nous sommes rendus compte que Bayrou n'était qu'un homme politique comme les autres, capable de trahir sa parole ou tout au moins de la travestir au point qu'elle ne ressemble plus à ce qui nous avait conduit derrière lui.

Je retrouve dans les propos modérateurs de certains, la même volonté d'y croire encore plutôt que d'affronter la cruelle désillusion et, en corollaire, la question sous-jacente "partir ... mais pour où ?"


Encore combien de temps laisserons-nous les hommes politiques tromper, se servir, mépriser l'implication et le travail que fournissent sans compter les militants ?

Combien faudra-t-il de dizaines de milliers de déçus et de blessés pour qu'enfin cette masse silencieuse et dévouée relève la tête et exprime sa colère ?

N'est-il pas grand temps que tous ces citoyens trompés se rassemblent pour mettre en oeuvre ce à quoi ils ont tant réfléchi : des organisations politiques nouvelles, centrées sur la question de la démocratie et non plus sur le succès de telle ou telle "vedette" aux seules échéances électorales ?


Parce que oui, définitivement, je pense "qu'ils sont tous pourris".

lundi 14 septembre 2009

Finalement, suis-je vraiment de gauche ?


Aïe, je viens de lire que Homer balance ... ses lecteurs sur mon blog (entre autres). Aïe donc puisqu'il me faudrait écrire alors un billet intelligent bourré de références illustres alors que je n'ai envie de rien d'autre que de m'agacer sur la foutaise politique.


Ah, il faut quand même que je réponde à la chaîne lancée par Sarkofrance et à laquelle quelques left-blogueurs m'ont conviée ! Cela me semble d'ailleurs un bon préalable avant de me lâcher à dégoiser sur ceux qui la représentent aujourd'hui.

Avant de répondre à la question "qu'est-ce qu'être de gauche ?" , j'ai fait le tour des billets sur le sujet, en me disant que j'allais peut-être, du coup, pouvoir y glaner des idées. Oh là ! C'est un vrai catalogue de propositions que j'ai trouvé et s'il m'avait fallu reprendre toutes celles qui me séduisaient, il y aurait eu 10 pages de copier-coller.

Pour résumer ma pensée, je préfère dire que pour moi, être de gauche, c'est tendre vers une plus grande égalité des chances entre les individus et promouvoir la liberté de penser et d'agir.
Et pour se faire, il me semble que les quatre points essentiels sont l'éducation, la citoyenneté, la tolérance et la protection des plus faibles.


Un système éducatif "de gauche" devrait permette l'émergence des talents individuels et de l'esprit critique.
C'est tout le contraire du système scolaire que le gouvernement tente de mettre en place.
Pour moi, l'école devrait être le lieu privilégié pour apprendre l'échange, l'autonomie, la tolérance et l'estime de soi et si je pose en premier le sujet de l'éducation, c'est qu'à mon avis, il influence une grande partie du reste.

Les cursus, tels qu'ils sont établis aujourd'hui, ne mettent en exergue que la capacité d'apprendre par cœur et de restituer une sorte de "pensée unique". Ceux qui n'ont pas ce "talent" se trouvent irrémédiablement écartés vers des sections professionnelles sous-estimées puisque ne correspondant pas aux critères classiques de "réussite".

Je n'arrive pas bien à comprendre pour quelles raisons ce que nous apprenons à faire en pédagogie pour adultes n'est pas appliqué plus souvent au sein de l'Éducation nationale hormis par certains professeurs qui prennent eux-mêmes l'initiative de pratiquer autrement que sous forme magistrale.

J'ai bien conscience que les fondamentaux nécessitent du "par coeur" mais la relation maitre-élève, instaurée dès le plus jeune âge, a pour conséquence de formater les individus, d'en faire immédiatement des "bons" ou des "mauvais" élèves sur la base de quelques critères très réducteurs.

Tant que le "savoir" sera priorisé, je ne vois pas bien comment nous arriverons à une société permettant à tous d'avoir une égalité de chances. D'autant plus que l'on s'aperçoit tous les jours que des compétences diverses, telles que le savoir-faire relationnel ou l'habileté manuelle ou artistique, sont aussi des gages de réussite dans de nombreux domaines.

La priorité d'un gouvernement de gauche serait pour moi de revoir l'ensemble du système éducatif que ce soit en terme de programme, de pédagogie ou de moyens.


Une politique de gauche devrait promouvoir la citoyenneté et la démocratie.
A ce sujet, j'ai vu des choses très intéressantes chez Donjipez et je vous invite à aller les lire puisque je ne vais pas recopier ici tout ce qu'il note dans son paragraphe dédié aux institutions.

Plus globalement, je pense que les citoyens ne seront libres et égaux en droit que si la parole leur est ouverte, s'ils peuvent contrôler l'action de leurs élus, si de réels contre-pouvoirs existent. C'est pourquoi le système politique actuel, phagocyté par des élites sourdes, réveille sans arrêt ma colère.

Être de gauche pour moi, ce n'est pas non plus tomber dans le paternalisme protecteur et bienveillant qui, tout autant qu'un gouvernement autocratique, prend le citoyen pour un gamin à qui l'on va montrer la voie "pour son bien" comme s'il était incapable de réfléchir et de s'auto-déterminer.

Pour cela, je ne peux aujourd'hui adhérer à aucun parti de la gauche car aucun ne me paraît exemplaire en matière de démocratie, ni dans les fonctionnements internes, ni dans les projets de société qu'ils proposent.


Une société de gauche, c'est aussi pour moi une société de tolérance.
Si on considère que chacun est l'égal de son voisin, je ne vois pas ce qui autorise de juger ses choix personnels et encore moins de les interdire.

Je suis tout autant pour le mariage gay que pour l'adoption par des couples homosexuels, je ne vois aucun inconvénient à ce que chacun pratique la religion qu''il souhaite, croit en ce qu'il veut ou à rien, fume du shit ou pas, boive comme un trou ou se crame les poumons à la marlboro ... tant qu'il ne gêne pas son voisin de pallier. Je ne stigmatise pas plus ceux qui ont choisi le fonctionnariat que ceux qui préfèrent la libre-entreprise. Je trouve lamentable toutes les sortes de ghettos, que ce soit les ghettos dogmatiques ou les ghettos sociaux.

A ce propos d'ailleurs, il me semble qu'une politique de gauche devrait encourager au maximum la mixité sociale et culturelle : cela permettrait probablement de faire des citoyens plus ouverts à la différence. L'abandon de la carte scolaire, habilement présentée comme défendant cette mixité, n'est qu'une fumisterie de plus. D'autres solutions peuvent être proposées, bien plus efficaces. De la même manière, la loi SRU - qui pouvait faire croire à une volonté réelle de mixité, n'est qu'un joli cache-sexe quand on sait que les pénalités sont ridicules. Enfin, encourager la mixité, c'est aussi accepter que les étrangers puissent voter aux élections locales au même titre que les français ou les européens.


Être de gauche, c'est bien entendu défendre une société plus équitable qui veille à protéger les plus faibles.
Et c'est peut être là aussi que certains aspects m'opposent à d'autres left-blogueurs car, si je trouve certaines inégalités insupportables, je pense par ailleurs que l'égalité en toute chose n'est ni possible ni même souhaitable sans doute.

Cela dit, les passe-droits et les vertigineuses rétributions dont bénéficient certaines "castes" me hérissent le poil quand on sait par ailleurs que d'autres se retrouvent sur la paille. Et les gesticulations de Sarkozy au G20 n'y changeront rien puisque lui-même a amplifié par ses choix une situation déjà insupportable.

Etre de gauche pour moi, c'est faire en sorte que l'Etat régule les domaines qui creusent ces inégalités. En vrac, ce peut être tout ce qui a trait à l'accès à l'éducation, au logement, aux services publics tels que la poste, à l'énergie ou la santé, tout ce qui est du domaine du droit du travail et de la protection sociale, tout ce qui touche à la justice.

J'ai lu de nombreuses propositions chez ceux qui se sont prêtés au jeu de cette chaîne. Beaucoup sont très pertinentes et j'y adhère en général, sauf que pour moi, l'Etat n'est là que pour poser les garde-fous nécessaires et les lois-cadres et non pour faire de l'ingérence permanente partout. Je préférerais que les modalités de mise en application soient déléguées aux Régions par exemple, avec en parallèle une meilleure implication des citoyens au niveau local et dans les entreprises.


Au final, je ne suis pas certaine que ces quelques idées jetées rapidement sur ce blog aident à définir si je suis de gauche ou non. J'ai le sentiment d'être une fois de plus dans le no-man's land politique.
Une sorte d'objet citoyen non identifié positionné entre humanisme, socialisme et libéralisme... Et comme je ne connais pas mes classiques, je suis bien incapable de dire à quelle conception théorique pourraient bien se référer mes points de vue :-)


Du coup, je propose à Falconhill (qui n'est pas de gauche) de répondre à ce tag, et aussi à Nick-Carraway (qui n'est pas non plus gauchiste) et à Mancioday (qui est Villepiniste) de prendre la relève sur cette question "qu'est-ce être de gauche ?" :-))


Dessin tiré du dossier spécial Politis

vendredi 11 septembre 2009

Comme elle sent bon la France !


Terrible vent contraire sur ce blog en ce moment ! Impossible d'avancer, j'ai affalé la grand-voile et je laisse dériver l'embarcation.

Je pourrais arguer que j'ai des choses bien plus passionnantes à faire que de nourrir ces pages. Ce n'est même pas exactement le cas : du temps, il m'en reste. C'est l'envie qui meurt.

J'ai une indigestion de vigilance, un trop-plein de ras-le-bol, et, face à l'ampleur de la tâche - entre une sarkozie au sommet de son erratique incapacité et de son indécence (à lire cela, les bras m'en tombent plus encore) et une opposition qui part en capilotade - je craque.

Et ce n'est pas la proposition de Royal qui va arranger les choses pour 2012 !

Ni le joli hochet dont le PS veut se doter qui va améliorer la démocratie interne d'un parti dont on se demande s'il est encore "gouvernemental" tant il part à la dérive.

Bah voui, je suis désolée, je ne vois dans ce truc qu'un amuse-neuneus qui va être tout juste bon à recentrer les militants égarés dans divers forums et cercles de réflexion (manière de savonner la planche de certains et certaines qui dérangent) et à les tenir en haleine en attendant les prochains tractages-boitages (qui nécessitent - pour le coup - de diligentes brebis).

Pareillement, je ris jaune en observant les retombées de l'OPA, heu pardon OPD, de Bayrou à la Gauche. Dans la série "je continue à faire le guignol pour draguer toutes les voix possibles", on ne fait pas mieux. Certains s'en félicitent, moi, je freine des 4 fers compte-tenu de la faiblesse de cette gauche.

Alors, on peut toujours se gargariser de grands mots et formules dogmatiques, écrire de longues diatribes contre la sarkozie pourrie, se poser la question de savoir ce qu'est être de gauche (mais je vais répondre, hein ? Ne serait-ce que pour lever les doutes qui rongent mes copains de oueb :-) ou de droite ... Rien ne sert et rien ne change.

Les "partis dominants" (selon la formule con-sacrée de certains que j'aime bien au demeurant:-) ne sont plus pour moi d'aucun recourt puisqu'ils ne font qu'alimenter par leur fonctionnement la gangrène qui ronge notre démocratie.

Je vais donc tenter de réorienter mon action vers un terrain plus neutre que l'on pourra trouver peu efficace dans le cadre de nos institutions mais qui aura le double avantage d'avoir un réel impact sur deux ou trois gugusses et de ne pas cautionner un système politique qui me donne la nausée.


jeudi 3 septembre 2009

Arnaud Montebourg, un personnage ambigu entre désillusions et espoir


Qui est Arnaud Montebourg, quelle est sa réelle volonté de changement et qu'elles sont ses marges de manœuvre au sein du Parti Socialiste ?

Après l'ITW de lui que nous avons réalisée à la Rochelle avec mes compères Dagrouik, Jon et Abadinte, ce sont les questions que je me pose encore, sans avoir pu trouver de réponses.

"L’homme est attachant, séduisant, il a du panache" dit de lui Moscovici sur son blog, dans un billet datant de septembre 2008.

"Le personnage est passionnant, par ce que même quand il déconne on a envie de lui pardonner." rajoute Dagrouik dans son dernier billet.

C'est vrai. Et j'avais déjà eu l'occasion de le découvrir lors d'une réunion du MoDem à Clamart se déroulant - risible coïncidence - dans le même lieu et à la même heure qu'une réunion de campagne du PS.


Cependant, son parcours semble parfois erratique et je ne suis pas loin de penser comme Moscovici qui - bien amèrement à la veille du Congrès de Reims - écrivait :
"Mais le politique est parfois peu constant. ... Il a toute mon affection – vraiment – mais j’ai aussi des regrets de ces virevoltes qui ne lui donnent ni prévisibilité, ni lisibilité : il a trop souvent varié pour que son jugement soit pris au sérieux désormais, et c’est dommage."

Fondateur du NPS en 2002 avec Dray et Peillon, il le quitte en 2005 pour fonder "Rénover maintenant" et se retrouve aujourd'hui promu dans l'état major du Parti Socialiste après avoir soutenu la motion de Martine Aubry dont on sait combien la victoire au congrès a été controversée.

C'est sur ce long engagement en faveur de la rénovation qu'Arnaud Montebourg s'appuie pour justifier de sa détermination. Au micro de Eric Delvaux, dans le 7/10 de France Inter, le député PS de Saône-et-Loire déclare :
"Je suis secrétaire national à la rénovation, je ne suis pas secrétaire national à l'immobilisme. Ça fait dix ans que nous avons commencé à nous battre pour transformer la gauche après le fameux et triste 21 avril 2002...ça n'a jamais marché, nous n'avons eu que des défaites"

Cependant comment croire à la sincérité de Montebourg quand ce chantre du non-cumul finit par cumuler lui-même ?

Comment croire en sa marge de manoeuvre réelle quand, face à Eric Delvaux qui le questionne sur la manière dont il pense convaincre Martine Aubry, Montebourg botte en touche et répond à coté en rappelant uniquement l'intérêt des primaires ?

C'est donc avec beaucoup de curiosité de j'abordais l'ITW dont vous pouvez avoir le son (de mauvaise qualité hélas) ici.




Q : Martine Aubry a apporté son soutien aux primaires, où en est-on au PS dans la mise en application et où en sont les discussions avec les autres partis ?


Montebourg rappelle avoir discuté avec toutes les sensibilités du parti pendant 3 mois avant la rédaction du petit livre rouge de synthèse.
"Tout électeur inscrit sur les listes électorales acquittant une participation à la primaire de minimum un ou eux euros et s'engageant sur l'honneur à défendre le vainqueur désigné de la primaire est considéré comme sympathisant de gauche.

L'autre ouverture c'est l'ouverture aux autres partis de gauche pour éviter que le premier tour de l'élection présidentielle ne devienne une sorte d'élimination du candidat du parti socialiste. C'est un outil de rassemblement. Notre difficulté s'est d'arrivée à surpasser Nicolas Sarkozy qui a rassemblé toutes les droites dans un seul parti tout en respectant notre culture parlementaire, délibérative.

Quand on le questionne sur le réalisme de cet objectif de rassemblement des partis de gauche, Montebourg répond que 3 partis ont exprimé leur soutien. "JM Baylet, JP Chevenement et Daniel Cohn Bendit". Seul - toujours d'après lui - le PC a clairement refusé ces primaires qui pour lui semblent être le seul moyen de faire barrage à Sarkozy.
Face à Sarkozy qui a tous les médias, les pouvoirs, que reste-t-il à la gauche ? Il reste le peuple, la France et Internet.

Q : Pourtant, il semble que les citoyens attendent moins une alliance des partis de gauche qu'un projet qui leur donne de l'espoir.
Ils veulent gagner ! Ils veulent gagner ! Vous savez, quand on fait des projets dans les antichambres des partis politiques, on se met d'accord pour ne pas aborder les sujets qui fâchent. Là c'est devant les Français, avec les Français . Vous allez avoir des partis qui sont très éloignés de la demande de la société qui vont se rapprocher.

Q : Au sujet d'Internet et du réseau social annoncé, est-ce qu'il n'y a pas un risque de blocage de ce processus ?
"Là nous construisons une horizontalité générale.... C'est une décision de nous tous et c'est d'ailleurs le dossier qui a le plus avancé.... On a comme projet de changer radicalement l'utilisation de l'argent public. Tout cela est en cours de restructuration."
Montebourg cite alors la disparition de l'hebdo du parti socialiste et le développement de l'interactivité.

Q : Sur la rénovation, quelle est le niveau de coordination des initiatives individuelles et quel est l'avenir des quadras ?

"Il n'y a pas de conflit de générations" répond Montebourg, qui parlait pourtant lui-même tout récemment de "génération sacrifiée".
"Le combat sur les primaires, les statuts, ce sont des combats que l'on a partagé depuis longtemps donc on s'appelle sur ces sujets... Je les ai tous mis autour de la table... Ils ont tous voté pour mon rapport."

Interrogé sur le fait que Martine Aubry se soit néanmoins ralliée fort tardivement à ce projet de primaires, Montebourg se fait moins disert et propose, agacé, que l'on pose la question directement au Premier Secrétaire.

La coordination entre son action et celle des relais fédéraux n'est pas non plus clairement explicitée. La concertation existe avec ces relais "quand ils existent" répond-il ...

Q : Au sujet du non cumul des mandats, le parti socialiste va-t-il se l'appliquer à lui-même avant d'être en position de légiférer ?

Montebourg saute sur l'occasion pour rappeler que la rénovation concerne trois volets :
  • Reprendre pied dans la société française, ce sont les primaires
  • Transformer le parti socialiste lui-même , ce sont les statuts qui seront profondément transformés l'année prochaine
  • Transformer le système politique national, c'est le non-cumul des mandats "pour organiser le renouvellement et la diversification des élus". Il souligne à ce propos que toutes les couches sociales ne sont pas représentées parmi les élus du PS, point abordé la veille dans l'atelier sur la sociologie militante.
"Il va falloir convaincre les barons. Ca ne peut se faire que dans le temps.
En ce qui concerne sa position personnelle de cumul des mandats , Montebourg avoue avoir accepté cette situation par lassitude politique face aux attaques de ses pairs de tous partis.
Mais il rajoute que lui-même ne voit aucun avantage à cette situation, qu'il a donc décidé de démissionner pour ne plus cumuler et qu'il se questionne uniquement sur le mandat qu'il lui faut conserver.


"Tout ce qui n'est pas interdit est obligatoire, tout ce qui est interdit est obligatoire .... Le système est trop fort"
rajoute-t-il avec une pointe de découragement.


C'est sur cette dernière petite phrase que je souhaite conclure tant elle résume bien l'état de notre démocratie, tant elle illustre la difficulté du combat d'Arnaud Montebourg et de tous ceux qui aspirent au changement.
Tant, enfin, elle excuse à elle seule, les concessions auxquelles il doit nécessairement se soumettre dans le cadre de sa mission.


mardi 1 septembre 2009

Billet d'ambiance sur la Rochelle


Voila, voilà. Je me mets (enfin !) à rédiger ma petite note d'ambiance sur l'Université d'été du PS !
Bon, il faut bien l'avouer, je n'ai pas fait preuve d'une assiduité extraordinaire ! Bah oui quoi, on n'est pas des forçats de l'info nouzôtres blogueurs et le port de la Rochelle est accueillant et il faisait chaud et la bière n'était pas franchement dégueulasse ... Bref, n'attendez pas que je vous fasse un rapport détaillé de tous les ateliers. Du reste, vous pouvez lire les synthèses sur le site des UE du PS.
Et puis nos chers journalistes ont fait un travail magnifique, n'est-ce pas ?

Et surtout, à plusieurs, on a réussi à couvrir à peu près l'événement :-)
Abadinte d'abord, qui nous explique - avec une remarquable mauvaise foi - qu'il n'a rien fichu le samedi à cause de notre arrivée à dagrouik, blogiboulga et moi. (Blogiboulga qui n'a toujours pas écrit une ligne sur le sujet mais a twitter comme un fou avec Ronald dès que la connexion - pourrie, il faut le dire !- le permettait).
Et Dagrouik, donc, qui a surtout suivi l'affaire du Coop-Pol socialiste.

Comme je ne suis pas encartée, je suis arrivée avec la ferme intention de suivre tout cela de l'oeil critique de celle qui zone dans le no man's land politique après la terrible déception des aventures modemistiques où l'on nous promettait monts et merveilles et celle, non moins cruelle, du congrès de Reims.

Première surprise, contrairement aux bisounours oranges qui aiment se transformer en porte drapeaux à chaque réunion nationale, les militants du PS n'arborent pas de Tshirts systématiquement roses pour devoir se reconnaître. On est là pour bosser, on sait ce qui nous relie, pas besoin de signes extérieurs particuliers.
Autre particularité, beaucoup de caméras et de journaleux partout, preuve que le PS fait encore vendre du papier malgré ceux qui voudraient le voir déjà enterré.

Seconde et excellente surprise, les thématiques des ateliers sont vraiment intéressantes. Et les intervenants de qualité.

Pour ma part, j'ai suivi celui consacré à la comparaison entre sociologie militante et sociologie électorale et j'ai été franchement bluffée par le réalisme des interventions, le langage sans concession ni langue de bois et par le fait que les militants eux-mêmes exprimaient une réelle prise de conscience et une forte volonté d'ouverture et de changement.

L'Hypos buvait du petit lait en entendant les "camarades", ici réunis, décidés à remettre le "travailleur" et sa réalité multiple (incluant les ouvriers, les employés mais aussi - ce qui m'a fait plaisir - les cadres et agents de maîtrise, notamment ceux du privé) au coeur du discours et du projet.

Seul bémol, mais sans grand étonnement, la conclusion de l'élue parisienne Colombe Brossel présente à la tribune qui a notoirement temporiser les propos et conclusions (certes assénées mais particulièrement judicieuses !) de Rémi Lefèvre.
Autre déception, la conclusion bâclée par manque de temps et qui devait ouvrir sur des propositions et des perspectives ....

C'est d'ailleurs bien là que le bât blesse à mon avis : lors du discours de clôture de Martine Aubry, je n'ai rien entendu qui rappelle les exposés, travaux et discussions ayant eu lieu dans les ateliers.

Je dois quand même concéder que Martine Aubry nous a gratifiés de certaines envolées qui donnaient de petits frissons et quelques belles formules amusantes pour croquer la sarkozie.

Et j'aime assez l'idée de l'offensive de civilisation ("Il ne suffira pas pour la gauche de proposer quelques adaptations ou de mieux gérer, c’est le système tout entier qu’il faut changer. Nous devons conduire une offensive de civilisation, transformant profondément notre façon de produire, de redistribuer, de consommer mais aussi de vivre ensemble") qui s'oppose à la médiocre politique de civilisation proposée par le nano.

- Une offensive de civilisation, c’est vouloir une société fondée sur des valeurs d’humanité, l’égalité, la justice, à rebours de la brutalité de tant d’oppression, d’exploitation, de marchandisation, ou tout simplement de renoncement ; c’est vouloir une société qui laisse sa trace et c’est pour cela que la culture est aussi importante, pour nous, les socialistes.

- Une offensive de civilisation, c’est vouloir une société où le mieux-être supplante les injonctions à consommer à outrance. Oui, il nous est permis, à nous socialistes, de lancer ce questionnement et ce débat sur un avenir post-matérialiste. Devons-nous passer à côté d’aspirations essentielles, qui ne se résument pas à la possession de marchandises ?

- Une offensive de civilisation, c’est vouloir une société qui développe de nouveaux liens entre les personnes, des solidarités concrètes et collectives, indispensables à une société du souci de l’autre et de la responsabilité. Qui va prendre soin, aider et accompagner les personnes âgées dépendantes pour ne prendre que cet exemple ? Quel va être à l’avenir le partage des responsabilités entre les familles, le marché et l’Etat ? Voilà des questions auxquelles nous avons à répondre.

- Une offensive de civilisation, c’est vouloir une société d’individus respectés dans leur identité comme dans leurs aspirations. Nous y avons toujours répondu à gauche, en défendant la culture, la laïcité, l’éducation. Ces combats restent plus que jamais d’actualité. De nouveaux défis sont devant nous, comme la construction de services publics personnalisés capable d’écouter chaque personne, d’éviter les traitements anonymes ou stéréotypés, de respecter le principe d’égalité tout en prenant en compte les besoins de chacun. Comment ne pas le rappeler en cette rentrée où l’Ecole est plus que jamais malmenée ? Nous devons défendre l’école de la République, mais nous devrons aussi proposer une réforme ambitieuse. Ne renonçant en rien à porter chaque enfant au plus haut –sinon que serait notre rêve d’émancipation ?-, mais prenant en compte chaque enfant tel qu’il est dans les méthodes pédagogiques, dans les rythmes scolaires.


Malgré cette belle idée - à laquelle je ne vois pas qui, parmi les gens que je connais, pourrait refuser d'adhérer - le discours de Martine Aubry m'a fait irrémédiablement penser à ceux maintes fois entendus lors des grand-messes modemistiques, ce qui, vous vous en doutez, n'est pas un compliment de ma part...

Le discours de Aubry ressemble à un inventaire bric-à-brac de politique générale - entremêlant sempiternelles antiennes antisarkozystes, constats mille fois entendus aux intonations mélodramatiques et propositions trop vagues ou irréalistes. Le genre de prestation qui a pour but de galvaniser facilement la foule militante et de complaire à tout l'électorat.

Intonations mélodramatiques
"Une crise économique sans précédent depuis 1929" "La dette explose" "Aucune famille n’est épargnée par le chômage" "Penser aux jeunes dont la situation est dramatique" "Cette rentrée est dure. Elle est dure pour tous les Français"...,
Propositions trop vagues
"Une vraie réforme de la santé tournera le dos aux franchises médicales, aux déremboursements, à la transformation de l’hôpital en entreprise. Elle confortera notre système de soins fondé sur la qualité de nos hôpitaux publics. Elle développera la recherche en matière de santé. Elle s’engagera enfin vers une politique de prévention tant négligée et pourtant si nécessaire. Elle luttera contre les déserts médicaux et contre les inégalités"
Propositions irréalistes
"Le Parti socialiste propose une procédure de mise sous tutelle de l’entreprise par le tribunal de grande instance sur saisine des salariés en amont des licenciements ; un administrateur judiciaire serait nommé pour gérer l’entreprise le temps nécessaire pour faire cesser des pratiques contraires aux intérêts de l’entreprise et de ses salariés."
Antiennes antisarkozystes et anti libérales
"Oui, le Président de la République s’arroge tous les pouvoirs" "le système libéral a non seulement la preuve de son inefficacité économique et de son injustice sociale mais a conduit à une société porteuse de violence, en panne de sens et en grave crise morale" "Dérive autoritaire, dérive sécuritaire aussi" "La droite n’accepte pas que nous gouvernions 20 régions sur 22"

Je ne peux m'empêcher de voir dans cette allocution "politiquement correcte" que j'ai l'impression d'avoir mille fois entendue, une sorte de déni de changement. D'autant que certains passages ont résonné à mes oreilles comme des alertes.

Parlant de démocratie, Martine Aubry s'attache davantage à parler des régions que de la démocratie interne au PS dont elle ne dit mot.
Parlant de projet, elle soutient qu'il "ne s’écrit plus à huis clos" mais déclare avoir en personne et "en votre nom"(?!?) décidé d'un certain nombre d'actions et d'orientations.
parlant des primaires, elle utilise une formule sibylline qui laisse songeur "Nous proposerons aux Français d’être des activistes de notre projet. Ils pourront constituer le socle de nos primaires ouvertes"

Bref, ce discours final ne m'a pas convaincue de la réelle volonté de changement des Etats majors socialistes. Surtout que l'Interview d'Arnaud Montebourg , Secrétaire national à la rénovation, que nous avions réalisée la veille m'avait déjà laissé un goût d'inachevé et de langue de bois (mais j'y reviendrai).

On me dira que je suis trop pessimiste, que je suis mauvaise camarade (;-), que je fais un procès d'intention ... Peut être... Je souhaite pourtant que cette rénovation soit effective et se réalise dans les plus brefs délais.
Car ce sujet, à peine évoqué par Aubry, me semble - bien plus encore que le programme à court terme - l'étape essentielle pour que se relève le PS.

vendredi 28 août 2009

En route vers la Rochelle !


Bon, ce n'est pas gagné : hier, c'était grand raout à la Comète - l'annexe de Nicolas - bière et coucher tardif. ( compte rendu détaillé chez les privilégiés !)

Ce matin, je file à la Rochelle, aux Universités d'Eté du PS, où nous sommes quatre blogueurs a être accrédités Presse.

Le temps de trouver un gîte pour deux nuit - ce qui relève de la quête de l'aiguille dans la botte de paille - il est déjà midi et je suis toujours perchée dans mon 9ème étage sur cour à Meudon.

bref, je vous tiens au courant, sinon, pour suivre nos tribulations, vous pouvez vous rendre ici.

A lundi donc !


Tiens, je ne l'avais pas fait, alors, je répare l'erreur, voici la liste des joyeux drilles rencontrés hier (bon il en manquait quelques uns mais je n'ai pas le temps de faire le tri :p )

  1. Annie
  2. Audine
  3. b.mode
  4. CC
  5. Circé
  6. Elsa
  7. Eric Mulhouse
  8. Falconette
  9. FalconHill
  10. Fiso
  11. Gaël
  12. Gaëlle
  13. Gularu
  14. moi
  15. Jon
  16. Louis
  17. Luciamel
  18. Mademoiselle Ciguë
  19. Mancioday
  20. Manue
  21. Martin
  22. Les privilégiés
  23. MGP
  24. Michou
  25. Miguel
  26. Mohamed
  27. Nicolas
  28. Mrs Clooney
  29. Monsieur Poireau
  30. Mtislav
  31. Oh!91
  32. Olympe
  33. Patrice
  34. Poison Social
  35. Romain
  36. Rosselin
  37. Seb Musset
  38. Tonnegrande
  39. Trub
  40. Vertazt
  41. Yann

mercredi 26 août 2009

Espoir à Gauche ? Espoir tout court


Certains de mes anciens camarades de route modemistique se sont questionnés au sujet de mon billet d'hier, me rappelant que l'ouverture (la vraie, pas la marketée sarko !) et le rassemblement étaient deux voeux que j'exprimais dès les débuts de mon engagement politique.

Je n'ai pas varié d'état d'esprit.

Seule la cuisine politicienne me dégoûte et, trop souvent avalée, elle a fini par ternir mes beaux espoirs naïfs et je reste désormais dubitative dès que j'entends s'exprimer à la tribune les ténors de partis.

Toutefois, je suis toujours aussi séduite par les propos de ceux qui promeuvent la recherche de points de convergence plutôt que par ceux qui défendent des lignes figées, partisanes et définitivement dogmatiques.

La courte interview de J-F Kahn que je mets en ligne ici résume parfaitement mon avis.





Dans cette optique d'ouverture et de rassemblement au-delà des querelles de personnes - et parce qu'elle me semble être un premier pas nécessaire vers une démocratie renouvelée qui ne laisse plus seulement la parole aux chefs de file - je soutiens la démarche de primaires à gauche lancée sur le site de Terra Nova.

Comme vous le savez, Terra Nova s'est engagée en faveur de primaires pour désigner la candidat de la gauche à la présidentielle. Nous avons,les premiers, défriché le sujet au plan intellectuel, à travers un groupe de travail présidé par Olivier Duhamel, qui a abouti à un essai intitulé "Pour une primaire à la française" (août 2008). Nous avons mené la bataille de conviction et aujourd'hui, avec le rapport remis à Martine Aubry par Arnaud Montebourg et moi-même, le projet est arrivé à maturité politique.


Mais les appareils, au PS et dans les autres partis progressistes, hésitent. Une mobilisation de la société civile, témoignant de la volonté des citoyens de choisir directement leur candidat à l'élection présidentielle, ainsi que la ligne politique qu'il défendra, pourrait contribuer à surmonter ces réticences.


C'est pourquoi nous lançons un appel pour une primaire populaire. L'objectif est d'atteindre 100 000 signataires. L'appel et les signatures seront remis aux leaders des partis progressistes. Je vous invite donc dès aujourd'hui à signer cet Appel (primaire2012.fr), et à le diffuser le plus largement autour de vous.


Olivier Ferrand

Président de Terra Nova





 

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